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Lorsque l’on naît à Thiers, il est difficile d’échapper au monde de la coutellerie, surtout si votre grand-père fabriquait des "Pradel" et des "sujets" qu’il envoyait par caisses entières dans l’Ouest de la France, et que votre père produisait des tire-bouchons.

Né en 1958, Charles Couttier termine ses études avec un bac technique commercial, mais il a déjà passé de nombreuses heures dans l’atelier paternel, à transformer des crampons en "queues de cochons" sur une machine à main afin de gagner son argent de poche, et se constituer un petit pécule. Après le bac, il travaille avec son père qui sous-traite la fabrication de tire-bouchons, pour le coutelier suisse Victorinox. Mais il se sent à l’étroit dans la sous-traitance et le manque d’innovation qu’entraîne la perte de certains marchés. Il prend sa liberté et s’installe dans un local situé à Paslières, sur la route de Thiers à Vichy, dans lequel il vend des produits pour la cave et des couteaux. C’est l’époque faste pour Thiers où le "Laguiole" se vend très bien en France et au-delà des frontières. Charles décide de vendre ses propres couteaux et fait son apprentissage chez Albert Girodias, spécialiste du laguiole et qui monte les plus belles pièces pour CALMELS à Laguiole. Charles apprend auprès de lui tous les tours de main et les astuces des anciens. Devenu monteur expérimenté, il installe un atelier derrière sa boutique et travaille pour les meilleurs coutelleries, dont G. DAVID.

A Laguiole, de gros efforts ont été entrepris pour relancer la fabrication du couteau "Laguiole" dans sa ville d’origine, et des aveyronnais sont allés se former auprès d’artisants nogentais. En 1987, Gérard Boissins demande à Charles Couttier d’assurer la formation de cinq monteurs, stage financé par la Chambre de Métiers de l’Aveyron. L’un d’entre-eux est actuellement chef d’atelier d’une des coutelleries de Laguiole. L’atelier de Charles Couttier reste d’abord une entreprise familiale, où Charles est secondé par son frère Denis, mais quand les affaires sont bonnes on y emploie jusqu’à six personnes. Une boutique est ouverte en plein coeur de Thiers sur la Place du Pirou. A cette époque, il fait la connaissance de Robert Beillonnet et du Canadien Denis Lemaire. Ces rencontres sont l’occasion de fructueux échanges d’idées les plus profitables pour Charles : il crée son Laguiole une main où la traditionnelle mouche se situe sur l’arrière du dos de la lame, et non plus sur le ressort ; formant un point d’appui pour le pouce, qui d’un geste, permet l’ouverture complète du couteau sans faire intervenir l’autre main. La sécurité est assurée par un liner-lock fonctionnant lui aussi d’une seule main. Ce couteau remporte un succès mérité, tant par l’originalité et l’efficacité de son fonctionnement, que par la pureté de sa ligne. D’autres créations suivent : le Triton, petit couteau à lame aiguë et étroite de forme jambette, à ressort forgé, avec une belle mouche ronde, muni d’une sécurité liner-lock ; le Compagnon, frère du précédent à lame plus large, et le gros Laguiole de chasse , solide couteau dont la forme élégante a souvent été copiée mais jamais égalée, couteau vedette de la coutellerie Charles Couttier, il peut être habillé de côtes en bois locaux ou exotiques, en cerf, et Charles apporte un soin particulier à la lame en 12C27 dont le tranchant est particulièrement efficace. En 1998 paraît le Spécialiste , couteau à tout faire, muni d’une ouverture à une main et d’un blocage liner-lock.
Pendant les années 90, l’atelier héberge la forge d’Alain Dumousset , grand spécialiste de damas, dont certains viendront embellir les couteaux de Charles. En 2004, "Maître Charles" devenu Maître Coutelier en 1999, fabrique le Saint-Guilhem  dessiné par Pierre-Yves Javel et dont le prototype a été mis au point par Robert Beillonnet. En 2005, le Saint-Michel est créé, également dessiné par Pierre-Yves Javel .

Actuellement, Charles Couttier s’oriente vers une production visant le haut de gamme, en choisissant des matériaux plus précieux, comme certains bois exotiques, l’ivoire de phacochère ou ivoire fossilisé de mammouth, les très beaux damas, et en s’assurant une finition irréprochable.
Si vous passez par Paslières, n’hésitez-pas à vous arrêter à la boutique signalée par un gigantesque couteau qui défie le ciel de la pointe de sa lame ; vous êtes assuré d’y trouver de bons et beaux couteaux, et le Maître Coutelier se fera un plaisir de vous faire visiter son atelier en commentant la fonction de chaque poste de travail ; en prime, il vous offrira une démonstration de fabrication de mèche de tire-bouchons avec l’antique machine à main sur laquelle, très jeune, il a commencé à travailler.

Extrait de l’ALMANACH DU COUTEAU, Agenda du Sport Editions, 2007.

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